2014 n’a pas seulement été l’année d’un nouveau smartphone ou d’un record de température. Cette date marque l’apparition d’une norme qui a bouleversé le secteur automobile : Euro 6. Cette réglementation a posé des limites strictes aux émissions polluantes, notamment sur les NOx et les particules fines. Pourtant, les scandales de fraude aux tests d’émissions ont vite révélé que la réalité dépassait les ambitions affichées.
Puis est arrivée la norme Euro 6d, décidée à reprendre la main. Plus exigeante, elle impose des contrôles renforcés, réalisés non plus seulement en laboratoire mais directement sur route, au plus près de la conduite réelle. Cette évolution ne laisse aucune marge de manœuvre aux constructeurs, qui doivent désormais démontrer leur capacité à réduire la pollution, au bénéfice de l’air que nous respirons. Dans ce contexte, l’innovation n’est plus un choix, mais une condition de survie pour les marques automobiles.
Comprendre les normes Euro 6 et Euro 6d
Depuis 1988, l’Union européenne façonne le paysage automobile avec ses normes “Euro”. L’objectif : encadrer les émissions polluantes, en fixant des plafonds de plus en plus stricts pour chaque nouvelle génération de véhicules. La Norme Euro VI, issue du règlement n° 595/2009, s’impose à tous les véhicules neufs. Depuis 2024, la norme Euro 6d s’applique à l’ensemble des véhicules particuliers mis sur le marché, avec des exigences encore plus pointues sur les émissions.
Les bases réglementaires
Voici les textes de référence qui structurent ces normes européennes :
- La Norme Euro VI repose sur le règlement n° 595/2009.
- La Norme Euro 6d s’appuie sur le règlement (UE) 2016/1718.
Le projet RDE
Pour mettre fin au grand écart entre les résultats de laboratoire et la réalité, la Commission européenne a lancé le projet RDE (Real Driving Emissions). Les véhicules sont évalués grâce à l’outil PEMS, un système portable qui mesure les émissions en situation réelle, sur la route. Le protocole WLTP, qui encadre les tests sur banc à rouleaux, complète ce dispositif pour une vision plus fidèle des émissions réelles.
Impact des normes
À travers Euro 6, et surtout Euro 6d, l’objectif est clair : diminuer drastiquement les rejets d’oxydes d’azote (NOx) et de particules, pour avancer vers une mobilité moins polluante. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de transformation écologique, appuyée par de nombreuses études émanant de l’IFPEN et du ministère de la Transition écologique. Les voitures, en plus du CO2, relâchent des gaz nocifs pour la santé (NOx, hydrocarbures). L’arrivée prochaine de la norme Euro 7 promet de renforcer encore ce cadre réglementaire.
Les différences techniques entre Euro 6 et Euro 6d
Ce qui distingue Euro 6 de 6d ne se résume pas à une simple évolution chiffrée. La norme Euro 6d va beaucoup plus loin dans la rigueur des contrôles et des méthodes adoptées.
Tests RDE et protocoles WLTP
Euro 6d introduit l’obligation du test RDE, qui mesure les émissions en conditions réelles de circulation. Grâce au dispositif PEMS, les véhicules sont scrutés sur route, loin des scénarios de laboratoire. Ce contrôle s’ajoute au protocole WLTP, référence pour les tests sur banc à rouleaux, afin de garantir des résultats crédibles et vérifiables.
Technologies de réduction des émissions
Pour atteindre les seuils fixés par Euro 6d, les constructeurs misent sur des solutions technologiques avancées, parmi lesquelles :
- Le Système de Recirculation des Gaz d’Échappement (EGR), qui limite les émissions de NOx.
- Le Filtre à Particules (FAP), destiné à capturer les particules fines.
- Le Catalyseur SCR (réduction catalytique sélective), qui transforme les NOx en azote et vapeur d’eau à l’aide de l’AdBlue.
Effets des technologies
Avec l’entrée en vigueur d’Euro 6d, les exigences sur les émissions de particules et d’oxydes d’azote sont resserrées. Les véhicules doivent intégrer des systèmes de contrôle sophistiqués comme le SCRF (filtre catalytique sélectif) et les catalyseurs à accumulation de NOx. Ces dispositifs sont devenus incontournables pour respecter la réglementation européenne et répondre aux attentes de santé publique.
Impact environnemental des normes Euro 6 et Euro 6d
Les voitures rejettent à la fois des gaz à effet de serre et des substances toxiques pour l’organisme. Les normes Euro 6 et Euro 6d ciblent ces deux catégories d’émissions pour limiter l’empreinte écologique et les risques sanitaires liés à la circulation automobile.
Réductions des émissions de NOx et de particules
Les normes Euro 6 et 6d imposent des seuils stricts pour plusieurs polluants, notamment :
- Oxydes d’azote (NOx)
- Monoxyde de carbone (CO)
- Hydrocarbures (HC)
- Particules
En équipant leurs modèles de technologies telles que le SCR ou le FAP, les constructeurs automobiles parviennent à abaisser sensiblement les émissions de NOx et de particules. À l’échelle urbaine, la différence se traduit déjà par une amélioration mesurable de la qualité de l’air.
Impact sur les gaz à effet de serre
Grâce aux tests en conditions réelles, Euro 6d assure que les émissions de CO2 restent sous contrôle, conformément aux objectifs de l’Union européenne. Le programme objectif CO2 pousse les constructeurs à proposer des modèles toujours moins gourmands en énergie et moins polluants, participant ainsi à l’effort de réduction des gaz à effet de serre.
Études et perspectives
Les travaux de l’IFPEN et du ministère de la Transition écologique le confirment : adopter la norme Euro 6d permet de réduire à la fois les gaz à effet de serre et les polluants les plus dangereux pour la santé. Cette avancée réglementaire s’inscrit comme une étape décisive sur le chemin de la transition écologique.
Perspectives et évolutions futures des normes Euro
L’année 2024 marque un tournant pour la réglementation européenne, avec la généralisation d’Euro 6d à toutes les voitures particulières neuves. Mais le secteur automobile doit déjà anticiper les changements qui s’annoncent.
Vers Euro 7 : un défi pour l’industrie
À l’horizon 2027, la norme Euro 7 s’apprête à relever la barre. Elle ira encore plus loin dans la limitation des émissions de CO2, NOx et particules. Les véhicules respectant ces nouvelles règles pourront circuler dans les zones à faibles émissions (ZFE) instaurées par de nombreuses métropoles françaises, qui filtrent l’accès aux voitures les plus polluantes pour protéger l’air en ville.
Incitations et opposition
Pour encourager l’achat de véhicules plus propres, des leviers existent : la prime à la conversion et la vignette Crit’Air, par exemple, favorisent l’acquisition des modèles les moins polluants. Pourtant, la transition ne fait pas l’unanimité. Des voix s’élèvent, comme celle de Bruno Le Maire, pour pointer les risques économiques que représente Euro 7 pour le secteur automobile français.
Technologies et hybridation
Face à ces défis, les constructeurs accélèrent sur l’innovation. L’hybridation, qui associe moteurs thermiques et électriques, s’impose peu à peu comme une solution crédible pour abaisser les émissions, tout en maintenant un niveau de performance et d’autonomie adapté aux besoins quotidiens.
La route vers une mobilité plus propre ne s’arrête pas à la dernière norme en vigueur. Chaque avancée réglementaire façonne le futur du secteur, forçant les industriels à réinventer leurs modèles, et donnant, à chaque conducteur, une raison supplémentaire de repenser sa manière de se déplacer.


