Définition de l’émigration : quitter son pays pour s’établir ailleurs

La définition de l’émigration tient en une phrase : c’est le fait, pour une personne ou un groupe, de quitter son lieu de résidence habituel pour s’établir dans un pays étranger. On parle d’émigration quand on regarde ce déplacement depuis le pays de départ. Cet article précise le sens du mot, la notion de pays d’émigration, les causes et les conséquences des départs, puis les mots voisins comme l’exil et l’expatriation.

Ce que signifie le mot émigration

L’Office québécois de la langue française donne la définition de référence : quitter son lieu de résidence habituel dans le but de s’établir dans un pays étranger. Le mot vient du latin emigrare, formé de e- (hors de) et de migrare (changer de lieu).

Toute une famille de mots en découle. Émigrer est le verbe, l’émigrant est celui qui part, et l’émigré est celui qui a quitté son pays d’origine pour vivre ailleurs. Le départ peut être temporaire ou définitif.

La même fiche note que, par extension, le terme sert aussi pour une émigration interne, c’est-à-dire un changement de région à l’intérieur d’un même pays. Le sens courant reste celui du franchissement d’une frontière.

Émigration ou immigration, une affaire de point de vue

Un seul déplacement porte deux noms. Une femme qui quitte le Portugal pour s’installer en France émigre du point de vue du Portugal et immigre du point de vue de la France. Les deux mots désignent les deux facettes de la migration.

La nuance s’applique aussi aux personnes, ce que détaille la page sur la différence entre un immigré et un émigré.

Pays d’émigration et terre d’émigration

Un pays d’émigration est un pays qui voit partir plus de personnes qu’il n’en accueille sur une période donnée, avec un solde migratoire négatif. L’expression « terre d’émigration » désigne la même réalité, souvent pour parler d’une région ou d’une époque.

L’Irlande, l’Italie et le Portugal ont longtemps été cités comme terres d’émigration, avec des départs massifs vers l’Amérique ou vers d’autres pays européens. Un pays peut changer de statut : beaucoup d’États d’Europe du Sud accueillent aujourd’hui plus de personnes qu’ils n’en voient partir.

Pourquoi émigre-t-on ? Les principales causes

Les raisons d’un départ se combinent rarement de façon simple, mais quatre familles de causes reviennent. Le choix de partir est parfois libre, parfois contraint.

Valises et sacs de voyageurs sur un quai de gare au lever du jour

  • Les écarts de revenus et d’emploi entre pays, qui poussent à chercher un salaire ou un poste introuvable sur place. Ces inégalités sont décrites dans l’article sur les écarts de richesse entre régions et pays.
  • Les conflits et les persécutions, qui obligent à fuir pour protéger sa vie ou sa liberté.
  • Les catastrophes naturelles et la dégradation du climat, qui rendent certains territoires difficiles à habiter.
  • Les études et le regroupement familial, des départs plus choisis qui rejoignent un proche ou une formation.

Il faut distinguer l’émigration de l’exode rural. Quand des habitants quittent la campagne pour les zones urbaines de leur propre pays, aucune frontière n’est franchie : c’est un déplacement interne.

Conséquences de l’émigration pour le pays de départ

Le premier effet concerne l’argent. Les émigrés envoient des fonds à leur famille restée au pays, et la Banque mondiale souligne que ces envois de fonds sont une source de financement extérieur majeure pour les pays en développement. En 2023, ils ont dépassé les investissements étrangers directs et l’aide publique au développement.

Le départ de diplômés, la fuite des cerveaux, prive à l’inverse le pays de médecins, d’ingénieurs ou d’enseignants formés sur place. Quand les départs sont nombreux et durables, la population baisse et vieillit, car ce sont surtout des adultes en âge de travailler qui partent.

Les liens ne disparaissent pas pour autant. La diaspora garde souvent des attaches avec le pays d’origine, par la famille, l’investissement ou le retour à la retraite.

Les émigrés de la Révolution française, un sens historique

En histoire de France, le mot « émigration » renvoie à un épisode précis : le départ, pendant la Révolution, de nobles et d’opposants à la Révolution. On les appelait les émigrés, et le dictionnaire retient ce sens pour désigner un aristocrate qui a fui la France à cette époque.

Salon du XVIIIe siècle avec une malle ouverte près d'une fenêtre

Le terme a ensuite été repris dans d’autres langues pour parler de personnes parties par crainte de persécutions politiques. Aujourd’hui, l’émigration française désigne plus simplement les Français qui s’installent à l’étranger.

Émigration, exil, expatriation : des mots voisins

Ces termes se recoupent sans se confondre. L’exil est un départ forcé, imposé par la menace ou une décision d’expulsion. L’expatriation désigne un séjour à l’étranger souvent professionnel, qui n’est pas toujours définitif. La migration est le terme général qui couvre les deux sens du déplacement.

Dans le pays d’accueil, l’inclusion des nouveaux arrivants devient alors le sujet principal, puisque le même parcours est vu comme une immigration.

L’émigration reste donc un mot de point de vue : il décrit le départ, vu du pays quitté.

Ne ratez rien de l'actu

High-tech 6 Min Read

Réaliser une présentation efficace : techniques et astuces essentielles

Dans le monde professionnel ou académique, la capacité à communiquer des idées de manière claire et…

Parentalité 7 Min Read

Retrait d’un enfant de l’école : conditions et démarches nécessaires

Lorsque des parents ou des tuteurs légaux envisagent de retirer leur enfant du système scolaire traditionnel,…

Parentalité 7 Min Read

Organisation d’une sortie scolaire au lycée : étapes et conseils

Organiser une sortie scolaire au lycée représente une opportunité enrichissante pour les élèves, leur permettant d'explorer…